Extraits du livre « 7 femmes »

Séverine é (textes) et Elackim Terbal (photographies).

d’abord j’avais besoin de toucher vos voix
de serrer vos histoires
contre moi

dans mes mains
dans mes oreilles

ancrage corporel
ancre nous
la chair-parole
ancre là

d’abord j’avais besoin de laisser vos voix
couler sur ma peau
la voix sur la peau
sentir vos odeurs à ma fenêtre
savourer vos mots frôlant les miens

ancrage corporel
ancre nous
la chair-parole
ancre là

(...)

le savent et pas elles

les choses à ouvrir
se disent ou pas
le presque s’en va

sait pas garder

comme les odeurs dans la cuisine
l’étranger
devine

(...)

les frottements
les craquements
chaque jour contre toi
comme une deuxième peau

(...)

au bout de la passerelle un monde

les murs se courbent avec régal
autour
cabane atelier bric-à-brac
escaliers et fenêtres fonctionnent
autrement

au bout de la passerelle un monde

coupée des Autres
à l’abri
ce havre cette coque
et toi dedans

en vrac

(...)

autour d’un moment
les mots en escargot
avancent en crabe

l’intime déplié
se déroule en une
gestuelle-confidence

soulever
arracher
la paroi
pour dire
le mal mis de côté
au creux

(...)

il existe une fabrique qui
produit
intacte
la fragilité

(...)

posées sur la toile cirée
tes mains sont prêtes

il te suffit juste de descendre quelques marches pour voir encore
cette mère partie partie-mère
ton corps petit petit-corps
et tout ce que tu as pleuré seule comme une grande

le téléphone t’avait entendue expliquer que tu n’avais
rien à dire
maintenant il écoute en douce collé contre la porte
et les meubles de la salle à manger aimeraient se faire
souris

et tu racontes le destin
la drôle-de-chance
les parents nourriciers
les patrons les corvées
les maisons
la douceur d’une ronce

et tu montres et tu répètes
là où ça fait mal

vidées
tes mains sur la toile
cirée
sourient

(...)

le silence
le si-lence
c’est fort même si c’est vide
même si
c’est le silence

comme si on pouvait parler
sans rien dire

(...)

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